21/02/2009

Hypocrisie (2)

Il y a une question que je posais récemment ici et qui n'avait pas trouvé de réponse. Peut-être n'était-il pas élégant et positif de ma part de montrer du doigt les travers d'une religion en particulier. Est-ce pour cela que je n'ai pas eu de réponse ?

Je me posais cette question car j'ai été réellement confronté à cette grande hypocrisie, à ce point cela m'a choqué : j'avais envie de le dire. Les auteurs de cette hypocrisie semblaient ne pas la voir, ou alors la justifier par la tradition et le conformisme : si "tout le monde" fait la même chose, et depuis si longtemps, cela doit être vrai ! Quelle malhonnêteté ! Quelle pauvreté de pensée ! Peut-être même se disent-ils que, de toute façon, il leur sera pardonné. Quelle misère !

Je vais tenter alors d'apporter par moi-même quelques éléments de réponse.

Le christianisme ne propose-t-il pas une pratique à la fois trop angélique et radicale, donc presqu'impossible (cela me laisse le sentiment d'une belle idée pleine de bonne volonté, mais qui n'a pas marché), les hommes et le monde étant ce qu'ils sont ? Par exemple est-ce compatible avec le monde du travail et la vie de famille, en couple, telle qu'on la conçoit traditionnellement ? Sœur Emmanuelle par exemple aurait-elle pu faire ce qu'elle a fait si elle vivait en couple et devait travailler pour nourrir ses enfants ? Est-il possible de rester vertueux et de participer à la vie économique, au dur monde du travail ?

Tout à la fois ce merveilleux idéal chrétien ne confère-t-il pas à celui ou celle qui s'en réclame une aura particulière, voire même une forme d'autorité dont il peut tirer profit ?

N'y-at-il pas également une tradition de pensée qui participe à l'hypocrisie, qui voudrait que l'important serait dans l'intention, serait d'avoir voulu faire le bien ? Mais la bonne volonté suffit-elle ? "l'enfer n'est-il pas pavé de bonnes intentions" ? Cette façon de penser ne déresponsabilise-t-elle pas ?

Enfin, l'angélisme béat, anesthésiant, la pratique presqu'impossible donc je parle plus haut ne pousse-t-il pas à la pervesité, à faire tout ce que l'on désire vraiment, mais de façon dissimulée, détournée ? D'autant plus quand il s'agit comme souvent d'une vertu imposée de façon un peu autoritaire, par une éducation traditionelle ? Se draper d'un habit de vertu ne peut-il même pas faciliter toutes les bassesses et les comportements pervers ? Et se défaire de l'interdit imposé par l'éducation ne provoque-t-il pas un vif plaisir, cela n'aparait-il pas au yeux de beaucoup comme une sorte de vertu alternative ? Le problème n'est-il pas également la vision de ce qui serait bien ou mal qui est un peu floue dans les yeux de beaucoup, par manque de réflexion personelle ? Pourquoi la religion s'arreterait-elle à des dogmes aveugles, empêcherait-elle de penser ? Regardez ceux qui ont tenté de l'appliquer vraiment, au mieux : avaient-ils cessé de penser ?

21/06/2008

L'argent

« L’argent ne fait pas le bonheur des pauvres » Coluche

 
 

Souvent je me demande : n’est-il pas détestable ce tabou, ce silence autour de l’argent, (surtout chez ceux qui en ont) ? La façon de voir des américains ou de certains asiatiques n’est-elle préférable, où l’on valorise et admire quelqu’un venant d’un milieu simple ou un étranger qui réussit et en est fier alors que dans mon petit pays on serait vite considéré comme parvenu, vulgaire ou importun, comme s’il fallait toujours que chacun reste dans son milieu d’origine, de naissance, comme s’il y avait des raisons religieuses à ça, des castes comme en Inde, ou comme dans un régime féodal ?

 

Parenthèse : féodal et injuste comme l’était le Tibet d’avant la Chine par exemple ; si maintenant c’est pire, que les Chinois ont commis des atrocités, est-ce une raison pour être nostalgique de ce qu’il y avait avant ? Souvent je me pose des questions sur cette espèce de fascination que des gens ont pour le Tibet et le boudhisme tibétain, fascination et intérêt que les nazis partageaient (savez-vous que beaucoup d’images « ethnologiques » du Tibet ancien que l’on montre ont été faites par des allemands pour l’état à l’époque du troisième Reich ?) et qui me semble avoir des points communs avec cette espèce de nostalgie romantique qu’ont certains aristocrates du temps où ils avaient des privilèges, où leur pouvoir absolu était considéré comme venant  de Dieu, du temps où l’on disait qu’ils avaient le sang bleu. Encore maintenant beaucoup voudraient leurs voir une majesté et une grâce naturelle ou que sais-je. Certainement si l’on vous considère comme cela par votre naissance cela doit influencer votre comportement. Certains nazis s’étaient  par ailleurs inventés des origines et un nom aristocratiques. N’est-ce pas une réaction face au mépris ou une forme d’injustice que de se plaire à se trouver une sorte de majesté ou des vertus authentiques que les autres ignoreraient ? Quelles différences y a-t-il entre l’idée de monarchie de droit divin et celle d’une race supérieure (« les ariens »)  qui voudrait qu’il soit naturel qu’elle ait un pouvoir sur les autres comme le pensait les nazis ? Notez que je ne veux pas faire d’amalgames, mais il y a des choses qui me posent question, que je trouve étranges, dont je cherche à appréhender la complexité… La présence d’une monarchie en Belgique n’est-elle pas un anachronisme ? Au point de vue symbolique ou idéologique cela ne peut-il pas encore influencer certains esprits fragiles ? Cela ne va-t-il pas à l’encontre du principe d’égalité ? Mais cette égalité, cela veut-il dire que n’importe qui puisse exercer le pouvoir, un fou comme Hitler par exemple ? Peut-être considérait-il son pouvoir légitime, comme une revanche, et que beaucoup qui ont voté pour lui trouvaient cela juste. Le redressement économique de l’Allemagne l’a certainement conforté dans le bien fondé de ses méthodes. La société ne doit-elle pas se protéger contre ce genre d’individu ? N’a-t-on pas besoin de sagesse et de juste milieu ?  Vivons-nous dans un état si moderne que cela ? Personnellement je suis souvent étonné de voir que des gens se croient de leur époque parce qu’ils s’entourent d’une foule d’objets technologiques récents mais ont une vision encore féodale du monde. Je travaille à présent pour le compte… d’un Comte hi hi hi, je peux en parler librement, personne ne sait là où je travaille que je tiens ce blog (enfin j'espère), ce qui n’était pas le cas précédemment, je me sens libre de m’exprimer… Bien, c’était une parenthèse, je voulais parler d’argent en fait. A propos de la famille royale, ils ne m’ont rien fait personnellement, mais cela fait longtemps que j’ai envie d’en parler ici, peut-être que je n’ose pas ? Pourquoi cette sorte de tabou ridicule ? Je vais m’y atteler bientôt !

 

L’argent, donc. En fait c’est un détail qui m’a motivé à écrire : j’ai trouvé un nouvel emploi, et dans le contrat il est dit que je dois m’engager à ne pas parler de salaire sur les lieux du travail. Avec ma naïveté non feinte dont je me rends compte souvent par la suite qu’elle est vue comme une sorte de subversion, j’ai demandé « pourquoi ? » Je n’ai reçu aucune réponse satisfaisante. J’ai l’impression qu’il n’a pas apprécié, parce que depuis il m’a fait des « ah » et des « oui » et qu’il m’a souvent appelé « Monsieur … » Ce n’est pourtant pas moi qui ait le bottin mondain dans mon bureau (c’est un livre qui contient une liste des belges « importants » et leur pedigree) et qui m’entoure de blasons ridicules et de titres vaniteux écrits en lettres anglaises sur papier vergé…

Je ne comprends pas qu’on puisse prendre ce folklore au sérieux, mais comme on dit, les goûts et les couleurs… La seule chose qui me gène, c’est quand quelqu’un a l’air de se croire seul détenteur du goût… Pour moi le bon goût n’existe pas !

Et qu’en est-il de ceux qui considèrent de mauvais goût ou malsain de parler d’argent, de demander combien ça coûte ou combien untel gagne ? Qui sont ceux qui aimeraient se croire bien au-dessus de ces basses considérations matérielles ? Où est la bassesse ? L’on préfère évidemment se trouver une sorte de majesté, de différence que d’être considéré comme un oisif ridicule qui profite du travail des autres, qui préfère commander. Ou alors l’on se considère comme une victime et l’on se complaît à se dire qu’on le mérite, qu’on y a droit. En plus si l’on ne parle pas d’argent, cela laisse la place à tous les fantasmes et l’on est parfois poussé à croire des choses qui ne sont pas, quand on ne sait rien. La transparence n’est-elle pas préférable ? Evidemment cela ne colle pas avec l’ambiance actuelle des entreprises, où tout le monde veut être plus cool que cool, où tous le monde est super sympa, se tutoie et s’appelle par son prénom et tout. Est-ce une réelle bonne ambiance si c’est basé sur des mensonges ? S’il y a encore tant d’esprit de caste et de snobisme ? Le mensonge et les faux-semblants n'ajoutent-ils pas au stress ? Pourquoi ne pas commencer à être pragmatique, à considérer que de toute façon le système économique est injuste, qu’un salarié signe un contrat avec un patron, qu’un emploi n’est pas une faveur, une charité, une chance qu’on vous donne mais un contrat, et que l'état est là pour contrôler tout cela. Que si certains gagnent plus que d’autres c’est que bien souvent que leur travail génère plus de bénéfices par rapport à un système économique qui les dépassent qu’à cause de leurs qualités propres. Quand d’autres préfèrent se plaire à croire que ce serait grâce à leur valeur personnelle, une « méritocratie » quand ce n’est pas ce  sentiment de mérite ou de supériorité qui pousse certains malades à écraser et utiliser les autres. Le pire c’est que cela est valorisé socialement, comme ces cadres qui vivent dans un monde virtuel,, de marques et d'apparences, même dans leur voiture (souvent un puissant break de marque allemande), l’oreille collée à leur téléphone portable et conduisant vite. Ils donnent le sentiment de ne même pas voir la société dans laquelle ils vivent. Peut-être ne veulent-ils pas la voir, ne pas voir cette misère le temps du parcours entre le boulot et le garage à porte automatique de leur domicile. J’ai le sentiment que plus la fracture sociale augmente, plus les riches vivent dans une sorte de prison et plus la violence augmente, et la répression qui va avec, et plus la répression augmente, plus les moyens violents pour la dépasser augmente, comme un cercle vicieux… Et si on se calmait, si l’on essayait la transparence… et la décroissance. Est-ce possible ? Concernant ces cadres supérieurs, je suis souvent étonné de constater que parfois quand ils faisaient leurs études, ils étaient un peu rebelles, ou « de gauche »… Par envie ? Parce qu’ils n’avaient pas les moyens de posséder ce qui leur faisait envie ? Contestataires par égoïsme, ils seraient devenus des sortes d’anarchistes bourgeois jouisseurs ? N’est-ce pas le propre des bourgeois de toujours se croire différent et plus vertueux que les précédents. Comment ,de rebelle avec un discours moral devient-on un petit dictateur ? Le  politiquement correct contemporain n’est-il pas une plaie, où on ne peut plus savoir ce que les autres pensent tant tout le monde répète la même chose ?

 

Mais moi je parle (enfin j’écris) mais parfois je me dis que je suis malhonnête avec moi-même : serais-je indigné si je n’avais pas vécu longtemps avec très peu ?

 

Parce que je dois avouer que si j’aime une vie simple ( peut-être parce  que j'ai appris par la force des choses à aimer cela ?), il y a une chose pour laquelle je pourrais dépenser de l’argent si j’en avais, car j’adore la musique et j’ai toujours été passionné par les systèmes de reproduction sonore. Je saute peut-être du coq à l’âne, toi qui a eu le courage de me lire jusqu’ici,  mais je couche simplement mes pensées comme elles viennent, tentant de les rassembler tant que je peux.

Je suis terriblement choqué par les tarifs monstrueux de certaines marques hi-fi. Pourquoi certains matériels sont-ils tellement associés à des produits de luxe et affichent un design et des matériaux coûteux qui n’apportent rien à la qualité sonore ? Je n’aime pas cet élitisme, ce luxe, ces privilèges, ces gens qui voudraient se croire plus subtils et raffinés que les autres, qui croient avoir des besoins supérieurs . Parfois je me dis que si ces marques de hi-fi flattent leurs penchants ridicules et proposent des tarifs prohibitifs, ils sont stupides de payer autant, en plus du fait que c’est extrêmement choquant quand on se dit ce qu’on pourrait faire avec un home cinema à un million d’euros (je n’invente pas) ou le prix d’un ampli FM acoustics ou Goldmund par exemple.  Parfois j’ai du mal à comprendre que l’on fasse de ce matériel un objet de vanité, qu’il y ait tant d’ésotérisme et de mystification dans ce domaine. Je pense par ailleurs que s'il existe des prix aussi élevés, c'est qu'il y a une clientèle  capable de payer cela, particulièrement des musiciens. Comme Bono de U2 qui fait la morale à tout le monde ! Il faut de bonnes connaissances pour ne pas se faire berner dans un sujet si emprunt de subjectivité, où il est parfois difficile d’écouter le matériel dans de bonnes conditions (pièce d’écoute), c'est d'autant plus compliqué qu'il existe des solutions techniques qui coûtent réellement très cher. Sans rire, cela me pose un problème de conscience, parce que j’aimerais depuis longtemps posséder un bon matériel hi-fi, même s'il reste à des tarifs certes élevés mais sans commune mesure avec d'autres, non pas pour le plaisir de le posséder ou comme un objet de désir, mais pour le plaisir d’écouter de la musique… Par exemple ceci :

 

 

musical-fidelity-a5-amplifier-cd-player
accuphase t-1000
Klipsch LaScala



 

Plus un bon pour racheter des cd, parc que je me suis fait voler récemment un bonne partie de  ceux que j'avais qui étaient réunis dans deux grands étuis. Je souhaite du plaisir au voleur qui visiblement doit aimer aussi les chanteuses grecques et d'Asie centrale...

Si un généreux donateur peut passer par ici…

N'en ayant pas les moyens je pense depuis très longtemps à le faire moi-même et j’accumule les connaissances dans le domaine, ce qui possède l’avantage, en plus d’être moins cher par rapport au matériel haut de gamme, de pouvoir choisir les solutions techniques librement, sans impératif de mode, de marketing ou d’encombrement… J’aimerais bien m’entretenir ici de reproduction sonore, qui est un domaine passionnant… Peut-être devrais-je créer un autre blog… Peut-être certaines personnes qui viennent me lire ici seront déçues (ou rassurées ?) de voir que je suis si matérialiste.

 

Allez, pour quelqu’un qui n’avait plus rien à dire... Merci à l'unique personne (?) qui a lu mes élucubrations (??) jusqu'au bout et en détail… Je crois que je n'avais jamais fait aussi long.

 

Heu... je viens de me relire... Divagations ou tentative de lucidité ? Un peu des deux  ? Quelqu'un a-t-il compris plus ou moins ce que je raconte ? Qu'on ne le prenne pas mal, concernant le Tibet, loin de moi l'idée de mépriser des gens qui souffrent, et j'ai comme  beaucoup du respect pour le Dalaï Lama. Cet homme, je suis convaincu qu'il serait différent s'il n'avait pas connu l'exil, l'exclusion. Peut-être serait-il encore comme  un souverain dans son château et moins humain... Tiens mon nouveau patron a quelque chose de cela aussi...

Je voulais fermer ce blog mais finalement, non, cela m'est encore bénéfique, un exorcisme comme il est écrit plus haut...

 

 

04/09/2007

Un monde moderne en progrès constant

Nous vivons dans un monde moderne en progrès constant, c'est merveilleux.

Par exemple, je travaille dans une entreprise et un milieu professionnel où tout le monde est suuuper cooool, tout le monde se tutoie, et des "ça va bien" et des grands sourires comme si... comme si plus personne n'exercait de pouvoir sur quiconque, comme si personne n'utilisait personne (comme moyen pour arriver à ses fins) comme s'il n'y avait plus de hiérarchie ni de différence de salaires, ni de chef pour donner des ordres! Sauf que...  il y a une augmentation de la fracture sociale(les riches plus riches et les pauvres plus pauvres) et de moins en moins de respect. Et le problème c'est que les choses sont devenues plus sournoises : tout le monde tient le même discours politiquement correct et les mécanismes du pouvoir s'obscursissent davantage. Quel sac de noeud!!!

Franchement, je m'y perds.

Souvent, je me pose une question (parmi d'autres : je passe mon temps à me poser des questions) : ce que les gens pensent a-t-il une grande influence sur la situation économique d'une société? Y avait-il plus d'égalité à une époque où les gens avaient des idées plus égalitaires? Ou alors les phénomènes économiques nous dépassent et nous les contrôlons difficilement, un peu comme la météo. l'économie mondiale est-elle une sorte de grande machine incontrôlable ou certains  ont-ils le pouvoir de l'influencer? Je n'ai pas fait beaucoup d'études et j'ai plutôt l'esprit littéraire, alors mes questions parraîtrons peut être naïves à un spécialiste!  Ils y a sûrement beaucoup d'économistes qui vont lire ceci!!! (?)

Par exemple, Gandhi, que j'admire comme beaucoup, et qui avaient des idées plutôt égalitaires, a beaucoup influencé son pays et a été critiqué pour avoir appauvri l'Inde. Or quand un pays produit peu de richesse il est difficile de les redistribuer. Et maintenant que l'Inde est un pays qui commence a émmerger, c'est apparement seulement au profit d'une minorité oisive, il reste beaucoup de misère A ce propos je ne  suis pas de ceux qui sont fascinés par cette sorte d'"orient fantasmé" qui n'est pas l'Inde réelle, je ne comprends pas cette sorte de maladie même si je trouve la culture indienne riche et passionnante comme beaucoup d'autres dés lors que l'on se prend la peine de s'interesser.

Allez, il commence à être tard, et je me demande si j'aurai quelque lecteurs sur ce blogue tout nouveau... Il faudra que j'en fasse la publicité genre référencement... Je vais me renseigner. 

22:09 Écrit par Francis dans TENTATIVES DE LUCIDITÉ | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : societe, economie |