12/12/2009

Subversif

Pourquoi l'honnêteté intellectuelle, la recherche de vérité (dans le sens historique ou journalistique) sans complaisance apparaît subversive à certains ?

Pourquoi, lorsqu'on tente de voir les choses telles qu'elles sont, et non comme on aimerait qu'elles soient, qu'on tente de prendre de la distance, certains se sentent-ils insultés, et qu'on aimerait vous réduire à un pro-ceci ou anti-cela, quand votre but n'est pas d'être partisan, mais d'essayer d'y voir clair ?

27/04/2008

Hypocrisie (2)

Bien souvent je me suis plaint d'avoir affaire à des gens hypocrites, et même souffert car l'hypocrisie est un excellent moyen de duper, d'utiliser ou de mépriser quelqu'un. Cela peut même favoriser une réussite professionnelle par exemple. Mais qu'est-ce que l'hypocrisie exactement ? Il y a des mots qu'on utilise parfois de façon inappropriée. C'est en me penchant sur sa définition que je me suis rendu compte que l'hypocrisie véritable n'est pas si courante que cela. L'hypocrisie vraie, c'est vouloir se faire passer pour ce qu'on est pas, afin d'en tirer un avantage, c'est donc une duperie tout à fait volontaire, lucide et mensongère, c'est par exemple se faire passer pour quelqu'un de bon ou de vertueux, dans le but de duper, d'utiliser quelqu'un. Je me suis rendu compte que cela est rare, que bien souvent des gens croient de bonne foi être par exemple bons et vertueux sans l'être vraiment, et se plaisent de cette image qu'ils pensent que les autres ont d'eux. Ils se connaissent mal. Le résultat, la duperie, le mépris peuvent être pareils, de la même redoutable efficacité, la même manipulation, mais sans qu'ils s'en rendent compte ! Et dés lors, difficile de leur faire le moindre reproche vu qu'ils ne savent pas ce qu'ils font, car ils se prendraient alors pour des victimes. Que faut-il faire ? Souffrir en silence ? Se laisser faire ? Les éviter quand c'est possible ? Je crois que c'est exactement le cas (cette apparente hypocrisie) des gens ayant reçu une éducation catholique traditionnelle, comme celle des jésuites, qui ont hérité d'une certaine façon de penser, de voir les choses, et dont on dit si souvent qu'ils sont hypocrites mais qui en fait ne le sont pas vraiment, même si le résultat est le même... Il y en a qui sont tellement convaincus d'être des sortes de bienfaiteurs qu'ils ne voient plus à quel point ils peuvent être lâches, veules ou manipulateurs, ou plutôt ne l'ont jamais vu tellement on leur a appris à être comme cela. Un peu comme ces missionnaires qui ont colonisés certains pays d'Afrique, convaincu qu'ils étaient d'apporter le bien et  la civilisation, comme au Congo belge ? Est-il étonnant qu'il y ait encore maintenant parmi les classes dirigeantes traditionnelles des gens ayant reçu cette fameuse éducation catholique ? en tout cas dans mon pays la Belgique. J'avoue que c'est  pour moi un grand mystère que j'essaie de comprendre, ce lien entre un mode de pensée traditionnel et l'exercice du pouvoir,  ce lien entre l'église catholique et le pouvoir. Je constate comme beaucoup que la religion ou les idées morales peuvent être un redoutable moyen de manipulation des masses, comme par exemple avec l'Islam ou les évangélistes, que lié à un pouvoir politique, c'est d'une efficacité terrible, mais j'ai du mal à vraiment comprendre comment. Surtout dans le cas des catholiques j'aimerais comprendre, car j'ai été amené à les côtoyer, et il y a des choses qui m'ont choquées. Quelqu'un pourrait-il éclairer ma lanterne ?

Pourquoi souvent les chrétiens le sont-ils si peu ? Pourquoi la façon de penser de certains les amènent-ils à dominer, manipuler, et de cette façon « réussir » socialement, souvent de génération en génération ? Comment la religion peut-elle mener à cela ? A une attitude qui est tellement loin de Jésus dont ils se réclament ? Je m'y perds et j'aimerais sincèrement mieux comprendre... Peut-être mes pensées comme je les livre ici sont un peu confuses ? Est-ce bien clair ce que je dis ici ? J'aimerais mieux comprendre également ce lien très fort qui existe visiblement entre l'église, l'aristocratie, le pouvoir et cette façon de toujours se considérer comme une sorte d'élite naturelle, d'avoir de soi-disant qualités morales supérieures (et des besoins supérieurs ?), et même, le lien qui existe visiblement entre tout cela et les différentes « idéologies » fascistes ? J'aimerais sincèrement comprendre, et certainement des historiens, sociologues et autres ont beaucoup écrit là-dessus. J'en ai lu quelques-uns d'ailleurs. Cela demande du courage ce genre de lecture, j'aimerais approfondir cela...

 

A propos de l'hypocrisie j'ai trouvé quelques citations qui m'ont beaucoup plu, qui se rapprochent de ma façon de voir les choses, peut-être cela permettra à ceux que cela intéresse de continuer la réflexion :

 

« Les hypocrites ce sont les plus dangereux de tous les méchants, parce qu'ils ont l'air bon et que l'on ne se méfie pas d'eux » Pamphile Lemay

 

« Hypocrite. Celui qui, professant des vertus pour lesquelles il n'a aucun respect, en retire l'avantage d'avoir l'air de ce qu'il méprise » Ambroise Bierce

 

« Faut-il cesser d'être vertueux parce qu'il y a des hypocrites ? » Tristan Bernard

 

« Qui a l'âme élevée sans être fort, sera hypocrite ou abject » Henri Michaux

21/04/2008

Prétendre savoir

 

Il y a une chose que j'ai apprise : croire ou prétendre savoir quelque chose peut être le meilleur moyen de l'ignorer définitivement, bien plus que quand on l'ignore simplement. Quand le doute peut amener beaucoup plus loin.

Comme par exemple de ces gens qui croient comprendre la psychologie humaine, ramènent tout à des schémas simples, croient comprendre au lieu de voir ce qui est, refusent la complexité des choses. Concernant l'âme humaine, il peut être odieux de prétendre comprendre, toujours cataloguer. Cela peut être le meilleur moyen de ne jamais comprendre, et de refuser la complexité du monde et des gens, cette attitude peut être une forme de rejet terriblement condescendante et qui peut faire souffrir.

Je pense que l'erreur de beaucoup est de ne pas aimer et respecter avant de prétendre savoir. Il y en a qui ne parviennent à respecter que ce qu'ils arrivent à comprendre. Et qui donc rejettent et ne respectent pas tout ce qu'ils n'arrivent pas à comprendre ? Ou se plaisent à croire qu'on pense d'eux qu'ils comprennent, là où ils devraient peut-être commencer à douter ? 

Concernant l'esprit humain, le plus sage si l'on cherche à mieux le connaître n'est-il pas de se baser sur ce que l'on observe vraiment par soi-même au lieu de croire reconnaître chez les autres des choses que l'on a entendu ailleurs ou lu dans des livres ? Ou encore toujours croire reconnaître chez un autre des choses que l'on a en soi, "faire des projections" comme disent les psychanalystes ?

N'est-il pas plus sage d'aimer, d'observer, de comprendre que plus souvent qu'on ne le croit, on ne sait pas, avant de prétendre savoir ?

 

 

Je ne sais pas s'il y a un rapport, mais je viens de trouver un citation tellement vraie quand on y pense. Cela me fait penser que si la gloire n'apporte pas le bonheur, parfois je me dis que la lucidité non plus...

 

"Presque tous les hommes, frappés par l'attrait d'un faux bien ou d'une vaine gloire, se laissent séduire, volontairement ou par ignorance, à l'éclat trompeur de ceux qui méritent le mépris plutôt que la louange" Nicolas Machiavel

 

16/03/2008

Manque de respect

respect2

 

 

"Il est dans la nature de l'homme d'opprimer ceux qui cédent et de respecter ceux qui résistent" Thucydide
 

"Ne soyez ni confiant, ni banal, ni empressé, trois éceuils ! La trop grande confiance diminue le respect, la banalité nous vaut le mépris, le zèle nous rend excellent à exploiter." Honoré de Balzac 

 

 


Il m'est souvent arrivé de me rendre compte que certaines personnes manquent systématiquement de respect à certains, mais ne s'en rendent absolument pas compte, à un point que quand leurs attitudes provoquent des réactions, ils se croient victimes et se demandent alors pourquoi on s'en prend à eux de telle façon, ils trouvent cela injuste, ils se croient persécutés. Alors je demande parfois : si des gens comme cela n'ont pas conscience de ce qu'ils font, qu'ils n'ont pas de volonté de faire mal, malgré qu'ils vous font du mal, faut-il leur pardonner, continuer à souffrir de ce qu'ils nous font et ne rien dire, puisque de toute façon si on leur dit ils ne comprennent pas, au point qu'on se demande quel médicament miracle il faudrait inventer pour leur remettre les idées à l'endroit, pour qu'ils nous témoignent d'un minimum de respect ?

Vous n'en connaissez pas des gens comme ça ? Par exemple des mythomanes, qui ont une tellement haute opinion d'eux-mêmes, surestiment tellement leurs qualités morales, intellectuelles, leur importance sociale (souvent pour cacher quelque misère dont ils ont honte, au lieu de commencer à s'accepter comme on est histoire de se simplifier la vie), donc comme ils se surestiment systématiquement, quand ils ne savent pas ils inventent, ils bluffent, cherchent toujours à impressionner les autres, et ils sont tellement dans leur folie, leur mythomanie, qu'ils finissent par croire eux-mêmes à leurs mensonges et vivent dans un monde de fantasme, au point de ne plus voir à quel point les autres voient qu'ils mentent. Et ils croient sans doute, ou ils se plaisent à croire que les autres ne voient pas qu'ils mentent, parce que souvent les autres ne disent rien. Par respect ? Le pire c'est que le bluff, le mensonge permet souvent de réussir socialement, dans le monde du travail, beaucoup plus que l'humilité et l'honnêteté !

Autre exemple : vous n'en connaissez pas des gens qui toujours se croient autorisés à commander les autres, leur donner des ordres, les utiliser et les manipuler ? Mais qui ont tellement l'habitude de le faire, trouvent cela tellement normal qu'ils ne voient plus le mépris qu'ils ont pour les autres, parce que bien souvent cela leur est « naturel » parce qu'ils ont hérité cela d'une éducation autoritaire, qu'ils reproduisent l'exemple de leurs parents, ou encore qu'ils ont grandi dans un milieu où c'est la tradition de commander les autres : aristocratie, haute bourgeoisie, chefs d'entreprise etc... De nouveau, ce genre comportement, s'il méprise les autres sans le savoir, amène à la « réussite » sociale, là où la timidité, l'humilité, la lucidité, la sagesse amène à un autre genre de vie, que ceux qui  ne voient que l' « importance » sociale, les signes extérieurs (parfois même sans le savoir, incapables qu'ils sont de voir les choses dans leur profondeur) considèrent comme « inférieure ».

Souvent je me pose la question, est-il utile de faire des reproches à des gens comme cela, d'être agressifs à leur égard quand ils ne comprennent rien à ce qu'on leur veut et qu'alors ils se croient victimes, et que les reproches qu'on leur adresse n'ont comme effet bien souvent de les renforcer dans leurs mauvais penchants, leurs faisant croire qu'ils ont raison d'être comme ils sont, se pensant victimes, injustement harcelés ? Jusqu'à croire que les autres sont toujours responsables de leurs échecs, de leurs problèmes personnels, de leurs faiblesses ? Qui n'en a pas ?

Ne vaut-il pas mieux alors leur pardonner, parce qu'ils ne savent pas ce qu'ils font ?

Mais qui aime qu'on le commande ? Qui aime qu'on lui mente toujours en pensant qu'on ne le voit pas ? Pourquoi y a-t-il toujours des gens qui font aux autres ce qu'ils n'aiment pas qu'on leur fasse ? S'ils ne s'en rendent pas compte, on peut encore pardonner, mais s'ils le font en pleine conscience, ils sont sadiques, pervers et alors ils le font encore mieux si je puis dire... Mais la frontière entre les deux est-elle si évidente ?

28/02/2008

Les Importants

 

 

"Si nous vivons, nous vivons pour marcher sur la tête des puissants... Car les puissants ne travaillent qu'à marcher sur nos vies." William Shakespeare

 

Vous n'en connaissez pas, vous, des gens qui ont toujours besoin de glisser dans une conversation qu'ils connaissent quelqu'un d'important, qui se complaisent à croire qu'alors les autres les voient également comme quelqu'un d'important, qu'ils sont quelqu'un, pas n'importe qui, et qui ont une image fantasmée d'eux-mêmes, qui n'est pas celle que les autres voient ... Tellement ils ont peurs qu'on les prennent pour ce qu'ils considèrent comme des riens du tout ? Tellement ils ont honte d'eux-mêmes, comme s'il leur fallait cacher leur existence, comme s'ils considéraient que ce qu'ils sont en réalité n'est pas dans les normes de ce qu'il faudrait être pour être accepté de tous ? Est-ce qu'alors ce sont les autres qui sont intolérants ou eux-mêmes ?

Et puis, qu'est-ce que quelqu'un d'important ? Quelqu'un qui possède un pouvoir sur les autres, qui possède  de l'argent et des biens matériels ? Ou quelqu'un de connu, dont on voit la tête à la télévision, dont on voit le nom partout ? Quelqu'un qui a un poste « élevé » dans une entreprise ? Dans la tête de certains, un important c'est également le frère de quelqu'un d'important, ou sa sœur, son père, sa fille, son cousin, ou encore quelqu'un qui connaît l'ami de la sœur du frère du cousin etc. N'est-ce pas ridicule ?

Naturellement si l'on veut réussir dans la vie mieux vaut se courber, se vendre et flatter toujours le plus riche et le plus puissant, celui avec qui l'on a intérêt à être en bon terme pour ses petites affaires. Jusqu'à ramper ? Et l'on se rassure en ricanant que les autres font la même chose voire pire... Est-ce une raison ? Et la liberté ? Ce qui est terrible là-dedans c'est qu'on reprochera le plus à ceux qui ont des origines modestes de flatter la hiérarchie ou d'utiliser les autres pour arriver à leurs fins. On les traitera parfois de parvenus. Ou encore les gens de leur milieu d'origine les traiteront parfois de traîtres. Par contre celui qui par sa naissance a hérité de propriétés, de pouvoir pleurera peut-être parce qu'on ne veut jamais être son ami autrement que par intérêt. Quelqu'un est-il né pour être l'esclave d'un autre ou pour commander les autres ? Et pourquoi celui qui commande, utilise les autres voudrait être aimé quand il ne mérite que d'être obéi ? Et celui qui toujours se comporte en esclave, en exclu doit-il toujours s'étonner qu'on le traite toujours comme tel ? Mais est-ce de sa faute ? Allez...

 

30/01/2008

Malentendus

 

 
 
jerome_bosch
Jérome Bosch, le paradis céleste

 

 

 

N'avez-vous jamais eu le sentiment que beaucoup de conflits, de disputes ne sont dus en fait qu'à des malentendus, et que, contrairement à ce qu'on a parfois tendance à croire, beaucoup de gens sont en fait de bonne volonté, plus qu'on ne le croit.  Cette situation n'est-elle pas due au fait que nous ne sommes pas les mêmes à l'intérieur de nous et à l'extérieur, que L'image qu'on a de soi n'est pas la même que la façon dont nous voient les autres ? Et qu'enfin nous sommes parfois maladroits avec la parole, que ce n'est pas un systeme de communication parfait, qu'on peut faire des erreurs de langage ou de vocabulaire, qu'on peut avoir voulu dire quelque chose et qu'après on se soit rendu compte que cela a été compris autrement que ce qu'on a voulu dire...  Et qu'en plus de la parole, il y a la communication non-verbale, les gestes, les expressions du visage, des haussements d'épaule, des petits sourires, des sourcils qui se relèvent, des yeux qui regardent au ciel, des raclements de gorge, etc... qui amènent à encore plus d'interprétations.  Sans parler du ton de la voix, de la façon dont on dit quelque chose. Tant de choses sujettes à interprétations, source de malentendus. Pourquoi s'étonner alors que souvent les autres voient en soi autre chose que ce qui est, mais plutôt ce qu'ils pensent voir. Rares sont ceux qui savent voir au-delà des apparences, qui ont une perception juste, comme s'ils avaient un oeil de plus, cet oeil qui voit plus loin que l'aspect extérieur des choses. Tant de gens vivent dans leurs fantasmes, leurs émotions, se laissent guider par leurs émotions, s'y noient, perdent pied sans jamais s'arrêter un peu histoire de se demander s'il sont dans le vrai ou  totalement à coté. D'autres refusent la lucidité, préfèrent se complaire dans leurs mensonges, peut-être par peur de se voir eux-mêmes tels qu'ils sont, et alors cherchent d'autres qui comme eux se complaisent dans les mêmes mensonges et fantasmes. Il est plus facile à se dire qu'une chose est vraie quand on est un grand nombre à  le dire ! Comme cela peut arriver par exemple quand on parle à plusieurs de quelqu'un en son absence, qu'on se met d'accord à penser la même chose sur lui, parce que cela arrange tout le monde, sans laisser à l'intéressé le loisir de répondre puisqu'il n'est pas là ! Ou il peut arriver la même chose quand quelqu'un parle peu, le silence est parfois source de malentendus.

Alors peut-être faut-il être indulgents avec les erreurs de langage des uns ou le manque de lucidité des autres, et voir surtout s'il y a bonne foi et volonté de bien faire, c'est déjà ça... 

09/12/2007

Croire ce qu'on dit ou voir ce qui est?

 

 

Pourquoi la plupart des gens préfèrent-ils croire les rumeurs, les "on dit" au lieu de voir ce qui est?

Pourquoi préférer la tradition, le conformisme ou ce que pensent les autres au lieu de faire un effort de lucidité, de vérité?

02/12/2007

Vieux con!

Cela pourra sembler prétentieux, mais j'ai une conviction profonde : je ne serai jamais un vieux con.

Pourquoi?

Parce que j'ai, il y a longtemps déjà, mesuré toute l'étendue de ma propre connerie, en largeur comme en profondeur, ce qui est un bienfait. Et avec l'âge, j'ai le sentiment de bonnifier, contrairement à d'autres qui se sont pensés très tôt très intelligents, sentiment qui, s'il peut amener à faire des choses que d'autres n'oseraient pas, ne pousse pas non plus à la lucidité et la sagesse, mais plutôt à l'autocomplaisance, l'autosatisfaction, et à diriger et manipuler les autres.

Maintenant, il est probable que ma théorie soit un peu fumeuse. Si vous avez un avis là-dessus, n'hésitez pas!

Et puis, je ne trouve pas que l'intelligence se résume au seul QI, parce qu'il y a eu des monstres, des criminels intelligents, mais ce qu'ils ont fait étaient tout sauf intelligent. Peut-être alors que l'intelligence, c'est ce qu'on fait de son intelligence? 

 

N.B. Ce n'est pas tout cela qui m'empèche d'être parfois vraiment très bète, même lourd, mais quand j'en vois d'autres qui s'y complaisent 24h/24 en donnant l'impression de ne jamais se voir comme ils sont, je me dis, au moins je fini par me rendre compte très vite que j'ai été vraiment bète. Ce que je suis en train d'écrire, c'est vraiment des pensées brutes, comme elles viennent, j'aime le risque, je ne sais pas ce que ça vaut, c'est de la philosophie de comptoir, cela a je crois l'avantage de l'honnêteté intellectuelle, sans doute le défaut d'être nombriliste et un peu vaniteux, je pense avoir ces défauts, mais je me soigne, et puis, l'introspection, c'est intérressant, pour les autres aussi, c'est un peu ce qu'a fait Montaigne, non?

26/11/2007

Pesanteur

"Jamais on ne fait le mal si pleinement et si gaiement que quand on le fait par conscience." Pascal

"En opposant la haine à la haine, on ne fait que la répandre, en surface comme en profondeur." Gandhi

 "Si la haine répond à la haine, comment la haine finira-t-elle?" Bouddha

 

mars
Chris Mars

 

 

Se tenir les coudes. Se complaire ensemble dans la haine et les angoisses, cultiver son malheur à plusieurs pour pouvoir mieux haïr les gens heureux (ou qu'on croit tel). Se complaire à plusieurs dans sa lourdeur pour continuer à mépriser ceux qui cherchent à s'élever un peu et à penser leurs vies, vivre leur pensée. Toujours mettre le doigt là où ça fait mal, en jouir. Observer et ricaner lourdement ensemble des misères des faibles, des opprimés. Les écraser, les manipuler et jouir. Continuellement se penser victime au point de ne plus se voir. Penser revanche, croire que revanche est juste, encore jouir sans voir les salauds qu'on est. Etre devenu soi-même le salaud qui nous a fait mal. Mais croire que soi, ce coup-ci on a eu de bonnes raisons de l'être. Comme une spirale sans fin.

Les gens comme cela, j'ai le sentiment qu'il ne se voient comme ils sont qu'au moment où ils font des dépressions. Alors ils sont lucides, ils se voient mieux eux-même, ainsi que le monde et les autres, mais ils souffrent, alors ils reviennent à leurs délires et leur monde fantasmé, et continuent à haïr, toujours se disant "C'est trop injuste et si je fais du mal, alors c'est juste."  Et quand ils sont toujours parfaitement conscients de ce qu'ils font, qu'ils sont pervers, là cela va plus loin encore, ils sont odieux, ils font souffrir profondément. Que de violences odieuses "au nom du bien" et à cause du manque de lucidité, de détachement, d'honnêteté intellectuelle. Et cela n'a rien avoir avec le QI ou le "niveau" social.

Je refuse de participer à cette solidarité haineuse. La haine nous rend aveugles, nous fait croire que les autres sont toujours responsables de nos malheurs, nous ronge, nous empèche de nous épanouir, pourri et perverti la vie en général. Et pourtant j'en ai bavé, j'en ai vécu des injustices, je vous l'assure et j'ai senti la haine en moi. Raison de plus pour faire un effort dans le bon sens.

 

 

 "Nous sommes tous victimes de quelque chose, ne fût-ce que d'être en vie" Paul Auster 


 

Giger
H.R. Giger
 
 

 

23/11/2007

Etonnement

J'en connais beaucoup pour qui, être adulte, c'est ne plus s'étonner de rien, se prendre au sérieux, se croire important et se dire qu'on connait d'autres gens importants, parler d'argent, posséder une voiture et une maison, être cynique, ironique et se croire revenu de tout... Quelle misère.

Quand on commence à ne plus s'étonner de rien et qu'on accepte tout, il faudrait commencer à s'inquiéter, non?

Vous trouvez l'état du monde acceptable, vous?  Je ne dis pas que c'est mieux ou pire qu'avant, mais vous trouvez ça normal? Vous n'avez plus des yeux pour voir?

Commencez à vous étonner de chaque chose que voyez, jour après jour, vous verrez les choses autrement.

 

Qu'est-ce qui est réellement ridicule : ne s'étonner de rien en croyant qu'on a tout vu.Ou s'étonner sans cesse de ce qu'on voit vraiment? 

07:45 Écrit par Francis dans À MÉDITER | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : ridicule, etonnement, adulte, lucidite |

21/11/2007

Manque de lucidité

Se payer la tête de quelqu'un, d'une telle façon qu'on puisse se complaire à croire qu'il ne le voit pas, parce qu'il ne dit rien. En retirer un plaisir et un vague et ridicule sentiment de supériorité.

Mais ce quelqu'un, s'il ne dit rien, c'est peut-être parce que lui, il vous respecte. 

18:53 Écrit par Francis dans EN BREF | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : respect, manque de lucidite, lucidite |

20/11/2007

Auto-satisfaction

Se complaire à  se croire toujours différent et meilleurs que tout le monde. Avoir une tellement haute opinion de soi, qu'on ne se voit plus comme on est. Suivre sa pente. Et un jour, la nausée. Je veux tout faire pour échapper à cela.

21:32 Écrit par Francis dans EN BREF | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : lucidite, conscience, mediocrite, se mentir |

19/11/2007

Maladie, cercle vicieux?

Se prendre continuellement pour une victime. Proposer une autre sorte d'exclusion et une autre violence que celle qu'on a subit.  Se complaire à croire que c'est une éthique. Se prendre pour une sorte de bienfaiteur. Croire qu'on a pour cela des besoins supérieurs. Et faire souffrir injustement des gens qui ne vous ont rien fait.

Ceux qui font cela, sont-ils conscients de ce qu'ils font? Se mentent-ils à eux-même? Leur arrive-t-il d'avoir une lueur de lucidité? Ces moments de lucidité les font peut-être souffrir, car alors ils prennent conscience de leur propre lâcheté. Leur folie leur permettrait alors d'éviter d'être lucide? Ou alors s'ils savent ce qu'ils font, ils sont pervers et sadiques.

Quand ils sont pervers, calculateurs, ils prennent cela pour une sorte de qualité. Ils ricanent tout seuls d'eux-mêmes, ils font des petits sourires en coin. Ils s'en prennent aux gens fragiles, à ceux qui ont déjà souffert, qui sont dans une position de faiblesse, qui ont du mal à se défendre. Parce qu'ils ne risquent alors pas grand-chose. Ils ne vont pas s'en prendre aux gens riches et puissants. Non, parce qu'ils considèrent leurs propres intérêts, là ils vont  se courber, faire des flatteries.

Ne confondons pas notre propre ressentiment, notre haine, notre désir de revanche, avec une éthique. Se mentir n'aide pas à être heureux. Mais vivre dans le maximum de vérité ne suffit pas non plus au bonheur, c'est seulement une des conditions me semble-t-il.

N'oublions pas. Adolph Hitler aussi se prennait pour une victime. Il a longtemps vécu dans la misère, faisait de la peinture et se prenait pour un grand artiste incompris. Est-il devenu un monstre, un pervers par ressentiment? Etait-il conscient de ce qu'il faisait?

 

Et à propos du mensonge : ce n'est pas parce qu'on se complaît à croire que les autres croient à nos mensonges, qu'ils y croient.

Tout comme ce n'est pas parce qu'on se complaît à prendre les autres pour des idiots qu'on est autorisé à manipuler, qu'ils ne le voient pas. Même s'ils ne disent rien. Bien. Si le manipulateur n'a pas conscience de ce qu'il fait, cela se complique encore!

 

 

N.B. Quand je parle ici de ressentiment, je veux dire une rancoeur, à propos d'un mal qu'on vous a fait, mais qu'on n'a jamais pu ou été autorisé à exprimer, et qui vous ronge.

05/11/2007

Raymond Devos, l'extraterrestre et les Chinois

 Quand j'étais petit j'adorais Raymond Devos, il me faisait beaucoup rire, surtout le sketch des fous qui courrent sans savoir pourquoi. J'ai le même sentiment quand je prend le métro : tout le monde court, comme s'ils cherchaient à échapper à quelque chose. C'est étrange. On dirait qu'ils courrent parce que les autres courrent, mais les autres non plus ne savent pas pourquoi ils courrent.

 

martien 

 

Imaginez maintenant un Martien qui  a vu chez lui le même sketch, et qui veut vérifier cela sur place. Il débarque dans une usine en Chine, et effectivement, tout le monde court très vite, il se dit : "vraiment, ils sont fous, ils courrent parce que les autres courrent, et ils ne savent pas pourquoi!" Et il rit de bon coeur! Mais, connaissant peu les humains, il ne voit pas l'énervement rentré qu'il provoque.

Il décide de tenter la même chose  dans une usine en France. Ils courrent aussi, quoiqu'un peu moins vite, et, de nouveau, il éclate de rire! Les ouvriers commencent à l'encercler. Et là, la larme à l'oeil, n'en pouvant plus, notre extraterrestre lache : "Allez, Arbeid! Snell! (parce qu'il a vu aussi  "Mais où est passé la 7éme compagnie", film intellectuel français sur la 2éme guerre mondiale). Et ils se jettent tous sur lui!

Moralité : Notre petit homme vert se dit : tout compte fait les Chinois sont des gens bien mieux élevés, qui au moins savent se tenir!


 Cela n'amusera peut-être que moi. A mon boulot, je cours tout le temps, cela amuse certains, qui ne comprennent pas la situation et moi ça m'énerve prodigieusement. Par contre dans la rue ou le métro, je me détends, j'aime observer ce qui se passe autour de moi. J'en ai assez de courrir. Pour qu'on se foute de ma gueule?

Plus jeune, un autre me faisait beaucoup rire : Jacques Tati et son facteur ( Jour de fête ). "Rapidité, efficacité, comme les Américains! Y vont voir ces Américains!"  Je l'ai vu à 12 ans, j'étais fasciné. Je n'avais jamais rien vu de pareil.

21:04 Écrit par Francis dans FABLES | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : respect, raymond devos, martien, extraterrestre, lucidite |