06/01/2008

Clown triste

 "Gagnez les profondeurs : l'ironie n'y descend pas" R. M. Rilke

"Humour, c'est amour ; ironie, c'est mépris" Dominique Noguez
 
 
 
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Pauvre clown triste, toujours seul à rire,  rabaisser et se moquer, ne vois-tu pas la distance que tu crées ?
 
"Personne ne veut jouer avec moi" , "Je ris de bon coeur et eux, ils en font des têtes ! Est-ce ma faute s'ils n'ont pas d'humour ?" , "Je suis triste parce que je rigole toujours tout seul"
 
Mais ne vois-tu pas que s'ils ne rient pas, c'est parce que tu te moques, toujours à mettre le doigt là où ça fait mal ? Toujours à observer les misères des autres, et en rire ? Ton rire n'est-il pas qu'un ricanement nerveux, échapatoire à ton angoisse ? Tu refuses le monde, tu as peur, et tu ris, mais ce rire est  plus un tic nerveux, un spasme  que ce rire franc et communicatif, jusqu'au fou-rire incontrôlable, qui fait rire de soi et de tout, qui soigne et qui partage. Il y a tant d'amour dans ce rire-là, et tant de haine dans l'ironie !
Mais il y a aussi l'ironie courageuse, qui ne rabaisse pas les faibles, s'en prend aux puissants et fait rire aux éclats !!!
 
 
 
 
 
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05/11/2007

Raymond Devos, l'extraterrestre et les Chinois

 Quand j'étais petit j'adorais Raymond Devos, il me faisait beaucoup rire, surtout le sketch des fous qui courrent sans savoir pourquoi. J'ai le même sentiment quand je prend le métro : tout le monde court, comme s'ils cherchaient à échapper à quelque chose. C'est étrange. On dirait qu'ils courrent parce que les autres courrent, mais les autres non plus ne savent pas pourquoi ils courrent.

 

martien 

 

Imaginez maintenant un Martien qui  a vu chez lui le même sketch, et qui veut vérifier cela sur place. Il débarque dans une usine en Chine, et effectivement, tout le monde court très vite, il se dit : "vraiment, ils sont fous, ils courrent parce que les autres courrent, et ils ne savent pas pourquoi!" Et il rit de bon coeur! Mais, connaissant peu les humains, il ne voit pas l'énervement rentré qu'il provoque.

Il décide de tenter la même chose  dans une usine en France. Ils courrent aussi, quoiqu'un peu moins vite, et, de nouveau, il éclate de rire! Les ouvriers commencent à l'encercler. Et là, la larme à l'oeil, n'en pouvant plus, notre extraterrestre lache : "Allez, Arbeid! Snell! (parce qu'il a vu aussi  "Mais où est passé la 7éme compagnie", film intellectuel français sur la 2éme guerre mondiale). Et ils se jettent tous sur lui!

Moralité : Notre petit homme vert se dit : tout compte fait les Chinois sont des gens bien mieux élevés, qui au moins savent se tenir!


 Cela n'amusera peut-être que moi. A mon boulot, je cours tout le temps, cela amuse certains, qui ne comprennent pas la situation et moi ça m'énerve prodigieusement. Par contre dans la rue ou le métro, je me détends, j'aime observer ce qui se passe autour de moi. J'en ai assez de courrir. Pour qu'on se foute de ma gueule?

Plus jeune, un autre me faisait beaucoup rire : Jacques Tati et son facteur ( Jour de fête ). "Rapidité, efficacité, comme les Américains! Y vont voir ces Américains!"  Je l'ai vu à 12 ans, j'étais fasciné. Je n'avais jamais rien vu de pareil.

21:04 Écrit par Francis dans FABLES | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : respect, raymond devos, martien, extraterrestre, lucidite |