16/10/2009

L'exemple...

L'air de rien, ceci :

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a éveillé ma curiosité et j'ai été lire un peu partout ce qu'on en disait, cela m'a fait réfléchir aussi, en particulier sur mon enfance, sur ce que je suis maintenant (suis-je un exemple ?), mais aussi sur la morale, le civisme, l'action quotidienne, la "bien-pensance", l'angélisme, les bons sentiments et les horribles moralisateurs aussi, entre autres.

J'ai tenté d'y contribuer également, même si je ne suis pas satisfait de ce que j'ai dit, je ne suis pas convaincu que cela va être compris comme je l'aurais voulu... Si seulement il y en a un/une qui aura tout lu !

C'était un simple commentaire que vous pouvez retrouver ici si cela vous intéresse : http://toutsurles.skynetblogs.be/post/7366012/les-skynet-blogueurs-donnent-lexemple-ce-15-o#comments (N.B. je voulais parler du premier commentaire, pas des autres où j'ai réagi un peu sur le vif...)

Immédiatement tout cela m'a fait penser à ce texte que j'ai déjà posté ici, que j'aime tellement, qui est à la fois très simple et profond, qui exprime un peu ce que je voulais dire, sûrement mieux que moi.

Je crois qu'il ne faut pas s'arrêter à l'exemple précis que ce texte donne,  mais que c'est plus universel, cela peut s'appliquer à de nombreuses situations quotidiennes, tant aux adultes qu'aux enfants.

Il me semble (mais je peux me tromper) que trop souvent, des gens, croyant donner des leçons, ou être un exemple, mettent en fait le doigt là où ça fait mal et jugent les misères de ceux qui n'ont pas eu la bonne chance d'avoir eu des parents qui les aiment ou leur montrent le bon exemple,  ou la chance d'avoir une famille, des amis, un travail, un foyer etc...

Il y a des gens tellement seuls qu'il n'y a qu'eux-même pour penser à eux, et puis il y en d'autres pour penser qu'ils sont égoïstes. Mais ça n'excuse pas tout me direz-vous.

Mais loin de moi l'idée de tomber dans le larmoyant, de se laisser envahir par les émotions... Nous aurions peut-être tous de bonnes excuses pour ne jamais rien faire, ne pas être responsable, et en disant cela je pense à moi également...


Quoiqu'il en soit, voici le texte en question, tiré de "Propos sur l'éducation" du philosophe Alain, rassurez-vous il n'est pas dans mes habitudes de faire du copié/collé, la plupart de ce que vous pouvez lire ici est bien de moi autrement c'est précisé ;-)

 

 

La morale, c'est bon pour les riches. Je le dis sans rire.
 Une vie pauvre est serrée par les événements; je n'y vois ni
 arbitraire, ni choix, ni délibération. Certaines vertus sont
 imposées; d'autres sont impossibles. Aussi je hais ces bons
 conseils que le bienfaiteur donne au misérable. [...]
 Je connais une maîtresse d'école maternelle qui a sincère-
 ment essayé d'enseigner un peu de morale à ses petits ; mais
 les leçons lui rentraient dans la bouche. «Quel plaisir, mes
 petits amis, d'avoir une maison propre et claire ! » Mais elle
 rencontrait le regard d'un ou deux mioches qui n'avaient
 pour fenêtre qu'une tabatière et qu'une mansarde étroite
 pour trois lits.
 « On doit changer son linge de corps une fois par semaine. »
 Hélas ! Elle savait bien que si on lavait la chemise de ce tout-
 petit, elle s'en irait en charpie. Les dangers de l'alcoolisme,
 autre chanson; mais comme elle allait faire le portrait de
 l'ivrogne, elle s'apercevait qu'elle pensait au père de ces
 deux jumeaux, qui commençaient à rougir de honte. Il y a
 des discours qui vous restent dans les dents.
 Comment faire ? Ne point prêcher. Laver ceux qui sont sales,
si on peut. Pratiquer soi-même la justice et la bonté. Ne pas
faire rougir les enfants. Ne pas appuyer maladroitement sur
leurs maux. Ne pas flatter, sans le vouloir, ceux qui ont la
bonne chance d'être proprement vêtus et d'avoir des
parents sobres. Non, réellement, il vaut mieux parler d'autre
chose, de ce qui est à tout le monde, du soleil, de la lune,
des étoiles, des saisons, des nombres, du fleuve, de la mon-
tagne, de façon que celui qui n'a point de chaussettes se
sente tout de même citoyen ; de façon que la maison d'école
soit le temple de la justice, et le seul lieu où les pauvres ne
soient pas méprisés.
Gardons nos sermons pour les riches; et d'abord pour nous-
mêmes.
                                                       Alain, Propos, 1909

Commentaires

j'avais lu ton com sur toutsurlesskynet et l'avais trouvé fort intéressant;
les "propos" que tu nous rappelles aujourd'hui sont toujours d'actualité; même si je pense sincèrement que les institutrices maternelles que je rencontre quotidiennement sont plus à l'écoute des enfants et consciente du vécu de l'enfant, qu'en 1909
amicalement

Écrit par : Macedoine/Animusiques | 16/10/2009

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Ton titre m'a attirée et j'ai lu ton post avec intérêt
me souvenant de mon passé quand enfant
j'étais montrée du doigt par l'institutrice
par ce que je ne m'étais pas bien lavée...
à 6 ans maman était partie avec un autre
comme on dit c'est pourquoi jamais mes
chaussettes n'étaient tout à fait blanche!
alors je n'en mettais plus, et les pieds
devenaient tantôt pousièreux ou alors
la voisine me trempait dans l'eau du bain
de sa fille... cette nuit, je me revoyais dans
un camp de Guides... première nuit seule
loin de papa, les autres m'ont laissée dormir
car fatiguée d'avoir préparé mon sac la veille
à 12 ans coudre une couverture en deux etc...
alors je n'ai pas eu le nom de mon Totem et
j'en souffre toujours même à 60 ans de ne pas
savoir comment les autres enfants me voyaient...
j'aurrai pù être un oiseau, un dinosaure, un ??
avec un attribut de courageux, indifférent ou sensible?
jamais je ne le saurai alors laissons le passé là où il est...

Écrit par : Tchânou | 16/10/2009

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Bonsoir Francis j'ai lu ton texte sur toutsurles
j'ai beaucoup aimé le vrai de ton texte
et le texte de A.Propos que je ne connaissais pas et en particulier cette phrase :

la maison d'école
soit le temple de la justice, et le seul lieu où les pauvres ne
soient pas méprisés.

j'ai connu ce genre d'école, une école simple, publique où tous se côtoyaient, enfants de notables, d'ouvriers, d'indépendants, de riches de pauvres, d'étrangers et de belges et chacun allait jouer les uns chez les autres...

pas pour me citer mais pour dire que cela a existé et pourrait réexister mais ...

bonne soirée Francis et bisous

Écrit par : nays | 16/10/2009

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Bonsoir Francis Juste pour vous dire bonne nuit.

Écrit par : Patsy | 16/10/2009

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Merci Patsy, bonne nuit à vous aussi ;-)

Écrit par : Francis | 16/10/2009

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Superbe vérité que voilà.

J'aimerai bien le publier sur mon blog si tu n'y vois pas d'inconvénient.

Écrit par : Rafaël | 18/10/2009

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bravo francis j'ai lu avec attention votre réponse dans sur toutsurles, de mon côté je suis révoltée contre la contribution de mimi puis la vie je ne sais même pas si elle se rend compte de ses dires, au faite j'étais une sans abris à mon jeûne âge, de la délinquance au famille d'accueil à la prostitution..c'était les pires années de ma vie. malgré tout j'ai réussie à m'en sortir et de vivre maintenant aisément.

la mamie du sud

Écrit par : mamie du sud | 18/10/2009

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Comme j'ai aimé ce post ! Merci....

Écrit par : marieke | 01/11/2009

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Merci pour votre passage sur mon blog.

Il est vrai que parfois, en voulant donner de bons conseils, on fait plutôt tout le contraire... Quand j'étais à l'école, même si je n'étais pas spécialement montrée du doigt par la maîtresse, mine de rien elle laissait voir qu'elle me trouvait trop "discrète". Et loin de m'aider, ça m'a plutôt bien enfoncée je pense. Plutôt que mettre en évidence les manques d'un enfant sans les combler, il est peut-être plus malin de les combler sans rien dire, ou bien juste de mettre en valeur ce qui va bien chez cet enfant. Ne pas appuyer là où ça fait mal, comme Alain le dit bien.

Bonne soirée à vous !
Il est vrai que les valeurs se transmettent plutôt par un état, une façon de se comporter, que par de grands discours. Montrer l'exemple, ce n'est pas dire à ses enfants "il faut donner des sous aux pauvres" tout en regardant ces derniers de haut, c'est plutôt leur donner des sous sans rien dire, ou bien en leur parlant, tout simplement, humainement.

Écrit par : Mand' | 03/11/2009

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