21/10/2008

Léo Ferré

 

 

leoferre

 

 

 

Monsieur Ferré, si vous étiez encore en vie, il y a des choses que j'aurais aimé vous dire, car si je vous aime bien, vous m'énervez aussi. J'ai vu récemment une interview de vous, où vous disiez : (je ne suis plus sûr des paroles exactes, mais je ne pense pas déformer le propos) : "qui aime qu'on l'écrase, qu'on le domine, qu'on lui dise ce qu'il doit faire, hein, qui ?" Comme je vous comprends ! Chez moi c'est viscéral, je ne supporte pas, mon sang ne fait qu'un tour, j'en attrape littéralement mal au ventre. Et souvent l'on me dit ce que je dois faire, par des gens qui toujours se croient autorisés à le faire, parce que la société économique crée des castes détestables, parce qu'il y a le pouvoir de l'argent, et que moi j'en ai peu, et que je dois bien vivre et travailler. Qui n'aurait pas aimé dire ce qu'il pense et exprimer sa révolte comme vous l'avez fait, ou mener une vie de bohéme ? N'étiez-vous pas une sorte d'anarchiste bourgeois, de luxe ? Un de vos ancien fan que je connaissais vous a un jour croisé à Bruxelles : vous étiez dans une grande Mercedes noire. Combien ont été opprimés pour que l'on puisse construire ce genre d'auto ? Croyez-vous qu'ils l'ont constuite... par amour ? N'est-il pas facile de critiquer le monde comme si l'on en faisait pas partie, et d'en jouir quand même ? Si vous n'acceptiez pas que d'autres soient opprimés, pourquoi acceptiez vous d'utiliser cette auto née de l'oppression des autres par exemple ?

Pourquoi étiez-vous malheureux Mr Ferré ? A qui s'adressait votre révolte, vous qui étiez fils de bourgeois ayant grandi à Monaco ? Votre révolte n'était-elle pas un luxe, et votre anarchie un rève merveilleux et angélique tout comme le paradis des chrétiens ou celui des communistes, dont on a le sentiment qu'il n'arrivera jamais ailleurs que dans la tête de ceux qui y croient, car l'homme est comme il est et que tout cela terminerait assurément dans un bain de sang ?

Je suis sur que mes questions vous auraient énervé, mais vous aimiez ça, la provocation et la polémique, et je ne doute pas de votre sincérité, mais je pense que votre façon de vivre, votre liberté, était un luxe pas à la portée de tout le monde, mais on sent bien que vous auriez aimé qu'il le soit. N'était-il pas facile de monter sur scène et dire, avec du trémolo dans la voix : "Moi je ne suis pas comme vous, non moi je suis meilleur, je suis un anarchiste, moi Monsieur". Vous étiez sans doute un anarchiste et un révolutionnaire, mais dans votre tête, et sur scène, comme une révolution intérieure, et cela vous faisait du bien, vous vouliez encourager d'autres à être plus libre également, vous n'avez jamais provoqué de bain de sang et, peut-être, alors, au fond aimiez-vous les gens, tant il me semble qu'il y a eu des révolutions menées par le ressentiment, et qui ont été si violentes...

 

 

Léo Ferré - La solitude

Commentaires

bonjour francis j'ai jamais aimé ce type m'énervait à l'époque je savais pas pourquoi trop jeune...et à te lire j'en apprends il y a bien une ou deux chanson qui me plaisait à l'époque Ostende... s'il se disait anarchiste !!! très facile à dire
bizzzzz

Écrit par : nays | 22/10/2008

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gentil merci c'est gentil, j'éssaye d'etre le moin possible provocatrice mais pas tjs évident !!!!!
ton blog est génial j'adoreeeeeeee

Écrit par : isabelle | 22/10/2008

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ouiiiii en plus léo férré quel honneur et quel grand homme je l'écoute très souvent

Écrit par : isabelle | 22/10/2008

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et basta! Vous n'êtes pas le premier, sans doute pas le dernier, non plus, à faire un procès d'intention, de suspicion à Léo Ferré. Fallait lui dire en face, pas à titre posthume! C'est encore plus dégueulasse!
"J'irai cracher sur vos tombes", vous connaissez?
Enrober votre jalousie de petit homme dans un miel rance et malsain d'admiration et de connaissance de l'Artiste est encore plus dégueulasse!
A cela, à des gens comme vous, Léo a répondu. Une fois pour toute. Avec talent:

"- Dis donc, Léo, ça ne te gêne pas de gagner de l'argent avec tes idées?
- Non. Ça ne me gênait pas non plus de n'en pas gagner avec mes idées, toujours les mêmes. Il y a quelques temps.
Vois-tu, la différence qu'il y a entre moi et Monsieur Ford ou Monsieur
Fiat, c'est que Ford ou Fiat envoient des ouvriers dans des usines et qu'ils font de l'argent avec eux.
Moi, j'envoie mes idées dans la rue et je fais de l'argent avec elles. Ça te gêne? Moi, non! Et voilà!" (Et basta)

Chacun son existentialisme monsieur Francis! Au risque de comparaître pâle et petit!

Vos réflexions, vos jugements, gardez-les bien au chaud.
Comme je me garde de poursuivre ce commentaire que je n'aurais même jamais du vous envoyer.

Écrit par : Yves | 26/10/2008

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Vindieu, Yves ! Ben alors en v'la une volée d'bois vert ! Et vlan, dans les dents.
Je comprend qu'on puisse me reprocher de faire des réflexions à titre posthume, que cela manque d'élégance, ok. Par ailleurs j'aurais eu du mal à le lui dire en face car j'étais trop jeune.

Peut-être êtes-vous choqué parce que l'aimez bien, que pour vous il est encore vivant dans votre tête, qu'il vous a apporté quelque chose...

Mais... "jalousie" (de quoi ?), "suspicion", "procès d'intention", "dégueulasse", là j'ai du mal à vous suivre et vous me donnez le sentiment de pas avoir voulu lire ce que j'ai écrit vraiment, vous me semblez de mauvaise foi.

Déjà, je n'ai pas reproché à Léo ferré d'avoir fait de l'argent de l'argent avec des idées (il ne serait vraiment pas le seul et d'autres l'on fait il me semble dans des proportions qui n'ont rien à voir !) et je me demande vraiment ce que la citation que vous donnez aurait de réponse définitive à ce que j'ai voulu dire .

Mon but ici n'est pas de cracher mon fiel gratuitement ni de l'enrober dans un miel rance comme vous dites... Ce n'est pas la jalousie ni la frustration qui me font écrire, mais des réflexions qui me semblent légitimes. Libre à vous de les entendre ou pas, ou encore de les partager ou pas !

Il y aurait beaucoup à dire de "l'anarchie" Je ne suis pas un spécialiste, mais je sais que des gens au 19e siècle (les ouvriers par exemple...) souffraient tellement qu'ils y croyaient comme un avenir meilleur à la pensée réconfortante, un peu comme le paradis des catholiques, et on ne peut que les comprendre évidement. Si vous voulez tout savoir, je travaille moi aussi comme ouvrier, même si les conditions de travail n'ont plus rien à voir avec le 19e s. ! Mais que se passe-t-il quand il y a l'anarchie, c'est à dire plus d'état, et "une liberté sans entraves" ? Comme par exemple en certains lieux en temps de guerre : viols, meurtres, pillages, etc. Car certains sont ce qu'ils sont et qu'il suffit qu'on leur enlève la peur du gendarme pour qu'ils fassent n'importe quoi ! Pensez-vous qu'un jour les gens seront suffisamment "éduqués", respecteux, responsables pour qu'une vie sans état (ni dieu ni maître !) soit possible ? C'est évidemment de l'angélisme, c'est ne voir qu'une partie des choses et refuser la complexité du monde. Alors que voulait Léo Ferré ? Ces rèves étaient-il sincères, ou contenaient-ils une part d'angélisme, de malhonnêteté intellectuelle, ou même de misanthropie, de nihilisme dangereux ou d'égocentrisme ? Je trouve qu'on est en droit de se poser la question, qu'il est un peu facile de toujours se croire mieux et plus vertueux que les autres et d'en même temps se fermer les yeux...

Par ailleurs, de façon tout à fait personnelle, je crois que dans la vraie vie je réserve ma morale et mes critiques aux riches et aux puissants, je crois que c'est une sorte de courage, que cela va souvent à contre-courant, quand je vois ceux qui toujours se courbent et lèchent dans le sens de la hiérarchie, du plus riche.

Écrit par : Francis | 27/10/2008

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un vrai poête! avec une idéologie que beaucoup devraient mettre en pratique
bonne journée bizz

Écrit par : anne | 29/10/2008

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kikou du soir je pense de lui ce que tu penses!!! caviar et révolution....

Écrit par : mik | 04/11/2008

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